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Auteur : marcotte_r

Les pièges de la femme et les ambiguïtés d’un texte : étude de Qohélet 7,26 dans l’histoire de l’exégèse juive

Jean-Jacques Lavoie, « Les pièges de la femme et les ambiguïtés d’un texte : étude de Qohélet 7,26 dans l’histoire de l’exégèse juive ». Studies in Religion / Sciences religieuses, « Femme et Bible », sous la dir. de Jean-Jacques Lavoie, vol. 49, no 2 (2020) : 165-192.

Cet article présente une première synthèse de l’histoire de l’interprétation juive de Qo 7,26, un passage réputé pour sa misogynie. Il se divise en deux parties. Dans la première, l’auteur examine six anciennes traductions de Qo 7,26, afin de vérifier si les traducteurs ont cherché à amoindrir le caractère misogyne de ce verset. Dans la deuxième partie, il présente et analyse diverses interprétations juives de Qo 7,26, notamment celles qui portent sur l’identité de la femme.

Les femmes salvatrices dans le cycle imagé de la synagogue de Doura-Europos

Olga Hazan, « Les femmes salvatrices dans le cycle imagé de la synagogue de Doura-Europos ». Studies in Religion / Sciences religieuses, « Femme et Bible », sous la dir. de Jean-Jacques Lavoie, vol. 49, no 2 (2020) : 193-215.

Dans la part sauvegardée du cycle imagé de la synagogue de Doura-Europos, trois panneaux, tous trois consacrés au thème du salut, rassemblent les personnages féminins les plus importants du cycle imagé. Deux de ces panneaux, qui représentent respectivement l’enfance de Moïse et l’institution de la fête de purîm, comportent des particularités qui invitent à les observer simultanément. C’est ce à quoi s’attache l’auteure de cet article, tout en tenant compte de l’emplacement de ces deux panneaux sur le mur ouest de la synagogue.

Népal Mandala – Religion et Société au Népal (2020-2021)

PROGRAMME COURT de DEUXIÈME CYCLE en SCIENCES DES RELIGIONS

ADMISSIONS : Département de Sciences religions, UQÀM – Tél : (514) 987-0396

SOIRÉE D’INFORMATION : Jeudi, le 13 février 2020 – 17h30 – local: W-4270 – UQÀM, 455 boul. René Lévesque Est

CONTACT : Chiara Letizia, professeure en religions de l’Asie du Sud, UQAM letizia.chiara@uqam.ca et Guillaume Boucher, doctorant en anthropologie, Université de Montréal guillaume.boucher.2@umontreal.ca

Le programme Népal Mandala prévoit trois séminaires sur la religion et la société népalaise, donnés respectivement à l’automne 2020 (UQAM), l’hiver 2021 (UQAM) et au printemps 2021 (au Népal). L’objectif de ce programme court est d’introduire les étudiant.e.s à la grande hétérogénéité culturelle, religieuse et ethnique du Népal, de leur permettre de connaitre ses changements sociaux, politiques et religieux contemporains, et de leur fournir les outils nécessaires à la recherche de terrain en territoire népalais.

Les deux premiers cours à l’UQAM offriront une introduction aux cultures religieuses de cette région himalayenne (bouddhisme, hindouisme, chamanisme, islam); ils introduiront ensuite les traditions religieuses spécifiques aux groupes ethniques népalais (les Newars, les Tamangs, les Sherpas, les Magars, les Tharus entre autres) et le rapport entre religion et politique dans l’histoire du Népal et dans sa contemporanéité. Le troisième séminaire (d’une durée de trois semaines) aura lieu au Népal : le groupe se rendra dans la vallée de Katmandu et effectuera également une excursion dans des villages de l’Himalaya népalais.

Le programme est interdisciplinaire et il est ouvert à tous les étudiants titulaires d’un baccalauréat en sciences des religions ou dans une autre discipline des sciences humaines et sociales tout en ayant les connaissances préalables appropriées. La moyenne exigée est 3.2 sur 4.3.

Les étudiants de premier cycle en fin de parcours ayant complété le 2/3 ou plus (60 crédits ou plus) de leur programme d’étude avec une moyenne cumulative de 3.5 ou plus au moment de l’inscription, pourraient être acceptés dans le programme court.

Pour plus d’information, voir la description détaillée du programme (PDF)

Il est possible de télécharger l’affiche (format 11×17)

Colloque étudiant Anita Caron (1-2 avril 2020). Reporté à une date encore indéterminée

En vue de souligner les 50 ans de l’UQAM et du département de sciences des religions, l’Association étudiante des cycles supérieurs en sciences des religions (AÉCSSR) de l’UQAM est fière d’annoncer que le Colloque étudiant Anita-Caron (CAC) prend la relève du colloque annuel de l’AÉCSSR. La toute première édition se déroulera les 1 et 2 avril 2020 et rendra à la fois hommage aux travaux d’Anita Caron — fondatrice et ancienne professeure du département de sciences religieuses, aujourd’hui département des sciences des religions — et soulignera également son héritage autour de la thématique « Bien présentes… mais trop souvent invisibles » : approches féministes du religieux.

Date / Heure

  • Mercredi 1 avril 2020 — 9h00 à 18h00
  • Jeudi 2 avril 2020 — 9h00 à 18h00

Lieu

  • UQAM — Pavillon Athanase-David (D)
  • D-R200 — 1430, rue Saint-Denis, Montréal (QC) Itinéraire

Contact

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« Bien présentes… mais trop souvent invisibles », c’est le titre que donnait Anita Caron à un chapitre d’un ouvrage collectif (Femmes et religions, 1995) dans lequel elle exposait les résultats d’une recherche portant sur la place des femmes dans les organisations catholiques de deux paroisses montréalaises. Les femmes représentaient alors près de la moitié des ressources humaines de l’Église catholique et, pourtant, seulement une très faible proportion d’entre elles occupaient des postes de direction ou des fonctions de pouvoir. Autrement dit, les femmes demeuraient confinées à des fonctions de services ce qui coïncidait alors, et encore aujourd’hui, avec la vision du rôle des femmes mises en avant par le Vatican et rappelé d’ailleurs en 1995 par le pape Jean-Paul II dans sa Lettre aux femmes. Anita Caron constatait alors que, si les femmes étaient présentes et actives au sein des organisations ecclésiales québécoises, elles n’étaient que très rarement mises en évidence.

En reprenant ce titre éloquent pour en faire la thématique de la première édition du Colloque étudiant Anita-Caron, le comité organisateur souhaite stimuler une discussion sur la place des femmes et personnes ayant des identités sexuelles et de genre marginalisées à l’intérieur des différentes traditions religieuses ou spirituelles, institutionnalisées ou émergentes, ainsi que sur les parcours et les expériences des croyant·e·s en situation minoritaire ou d’oppression.Le comité organisateur souhaite également stimuler une discussion au sujet de la place de la recherche féministe dans le domaine religieux.

Ce colloque annuel vise différents objectifs : offrir l’opportunité aux étudiant.e.s de cycles supérieurs issu.e.s de toutes les disciplines et s’intéressant au phénomène religieux de partager le fruit de leurs recherches; permettre aux étudiant·e·s de cycles supérieurs de se familiariser avec la communication scientifique; et contribuer à entretenir le débat sur l’importance de l’étude du religieux pour une compréhension élargie des sociétés.

Programme (à venir)

New Muslim Public Spheres in the Digital Age : trois conférences (19-20 février)

Canadian Muslims Online : trois conférences

KRISTA M. RILEY (Collège Vanier)             

Wednesday February 19, 2020 9h00-10h30 Room: W-5215   

  • Krista Melanie Riley is a pedagogical counsellor and researcher at Vanier College in Montreal. Her current research project looks at the experiences of Muslim Cégep students in Quebec. She holds a PhD in Communication Studies from Concordia University (2016), where her research focused on gender and religion on Muslim feminist blogs. 

Tafsir through Blogging: Islam, Gender, Authority, and Community Online

This lecture looks at Muslim feminist bloggers based in Canada and the United States, with attention to the role of blogging in practices of religious interpretation. Taking as a starting point Sa’diyya Shaikh’s (2007) notion of “tafsir through praxis” – a lens through which she considers Muslim women’s lived experiences as sources of religious interpretation – I propose the concept of “tafsir through blogging.”  I use four blogs as case studies to examine the interactions between blogging practices and religious interpretation online, and the implications of these practices for how we might think about gender, community, and religious authority in Muslim contexts. This talk will focus on the bloggers’ discussions about gendered mosque spaces. It examines how online and offline spaces interact, and how some Muslim women move in and out of these spaces in order to shift the gendered dynamics in their contexts. The lecture will conclude with a reflection on what these examples can tell us about gender and power in online and offline spaces, and about the possibilities and limitations revealed as these conversations move between physical and online worlds. ( POSTER )

GARY R. BUNT (University of Wales)           

Wednesday February 19, 2020 17h00-18h30 Room: W-5215  

  • Professor of Islamic Studies at the University of Wales Trinity Saint David. His research focuses on Islam, Muslims and the Internet.  His publications include Hashtag Islam: How Cyber-Islamic Environments Are Transforming Religious Authority (University of North Carolina Press, 2018), iMuslims. Rewiring the House of Islam (University of North Carolina Press, 2009), Islam in the Digital Age. E-Jihad, Online Fatwas and Cyber Islamic Environments (Pluto Press, 2003), Virtually Islamic: Computer-Mediated Communication and Cyber Islamic Environments (University of Wales Press, 2000). For more information, see virtuallyislamic.com.

Inside the Fatwa Machine: #Islam, Authority and the Net Imam Impact

This lecture explores the contestation on issues of representation and religious authority in cyber Islamic environments. In an era where authority networks transcend geographical boundaries, and when digital proficiency can be more important than religious status, there has been an evolution of notions of authority and leadership.  The lecture explores how digital technology has shaped how Muslims across vast territories relate to religious authorities in fulfilling spiritual, mystical and legalistic agendas. Millennials and digital natives may respond more to aspects of online authority than ‘analogue’ equivalents, impacting on everyday concepts of religious knowledge and identity, and also raising concerns regarding radicalisation. Online environments often challenge traditional models of authority. One result is the result of digitally literate religious scholars and authorities whose influence and impact go beyond traditional boundaries of imams, mullahs, and shaikhs. This presentation explores how diverse religious perspectives contest for audiences, reflecting on multimedia approaches from a variety of players. It questions the impact of social media pronouncements, and explores how organisations and platforms might respond to contemporary concerns in the light of continually shifting religious and media contexts. ( POSTER )

ROBERT ROZEHNAL (Lehigh University)       

Thursday February 20, 2020 9h00-10h30 Room: W-3235

  • Professor of Religion Studies and the founding director of the Center for Global Islamic Studies at Lehigh University (Bethlehem, Pennsylvania, USA). His publications include Cyber Sufis: Virtual Expressions of the American Muslim Experience (Oneworld, 2019), Piety, Politics and Everyday Ethics in Southeast Asian Islam: Beautiful Behavior, as editor(Bloomsbury, 2019) and Islamic Sufism Unbound: Politics and Piety in Twenty-First Century Pakistan (Palgrave Macmillan, 2007).

Mapping Cyber Sufism in the Digital Public Sphere

Within the hybrid, kaleidocultural landscape of twenty-first century American religious life, Cyberspace offers tech-savvy Muslims an alternative platform for narratives and networking, piety and performance.  Since the adoption of the printing press, Sufis have demonstrated a remarkable ability to adopt and adapt to emerging media technologies.  Even so, the expanding use of the Internet by global Sufi groups remains largely unexplored by academic scholarship.  What is ‘new’ about new media, and what is the future of digital religion?  How do diverse Sufi communities utilize digital media to augment pedagogy, defend their tradition against critics, and reach new audiences in the digital public sphere?  Drawing on new research, this talk spotlights key patterns, tropes, and trajectories in Cyber Sufism by exploring how several prominent diasporic Sufi orders in the United States deploy the Internet as a mediascape for the refashioning of authority, identity, and ritual practice in the digital age. ( POSTER )

Pour une éthique ouverte à l’inattendu. Libérer la face lumineuse de l’incertitude avec Guy Bourgeault

Nancy Bouchard (dir.). Pour une éthique ouverte à l’inattendu. Libérer la face lumineuse de l’incertitude avec Guy Bourgeault. Presses de l’Université Laval, 2019.

Premier ouvrage à traiter spécifiquement de l’œuvre de Guy Bourgeault, ce livre apporte une contribution originale à l’avancée des connaissances sur les questions d’éthique en éducation et en formation. Préface de Guy Rocher.

Depuis soixante ans, le professeur Guy Bourgeault interroge plus qu’il ne répond, laisse les voies ouvertes plus qu’il ne conclut, l’incertitude étant pour lui une condition de l’existence et de libération du sujet. Cette incertitude, écrit-il, est source d’un élan qui place la personne et son avenir sous le signe de l’ouverture à l’inattendu et de l’accueil des renouvellements. Éduquer, former et accompagner dans une éthique bourgeaultienne de l’incertitude exige donc de conduire au-delà des certitudes sclérosantes de la morale et du savoir absolus, dont s’accommode trop souvent l’institution, afin de libérer l’acte d’apprendre, l’acte professionnel, l’acte autonome et responsable. C’est de cela que traitent les auteurs de cet ouvrage. Lecteurs, lectrices, étudiants et étudiantes, professeurs et professeures, professionnels et professionnelles y découvriront la face lumineuse de l’incertitude, en particulier dans la formation et la pratique professionnelles et en éducation tout au long de la vie.

Les auteurs : Daniel Baril, Nancy Bouchard, Guy Bourgeault, Josée Grenier, Denis Jeffrey, Georges Leroux, Claude Lessard, Raymond Massé, Gaston Pineau, Guy Rocher, Marina Schwimmer, Claudie Solar, Maurice Tardif, Brigitte Voyer .

Mélanges en l’honneur de Jacques Pierre. Appel à contribution

Des Mélanges en l’honneur de Jacques Pierre seront publiés dans la revue RELIGIOLOGIQUES. Les présentateurs et présentatrice des communications sont invité.e.s à soumettre, après le colloque, le texte de leur communication en version article scientifique. La revue accepte également la soumission d’articles qui s’inscrivent dans l’un ou l’autre des trois axes présentés en introduction du colloque (infra). Les articles scientifiques feront l’objet d’une évaluation par les pairs. Des textes « témoignages » pourront être également accueillis dans les Mélanges en l’honneur de Jacques Pierre, sans faire l’objet d’une évaluation scientifique.

Longueur des articles : Les articles doivent être de 6 000 à 8 000 mots, en format WORD (.doc) et conformes aux « Consignes de présentation » qui sont disponibles sous l’onglet « Soumission d’articles » du site Web de Religiologiques. Soumission des articles : Les textes sont soumis à l’adresse courriel suivante religiologiques@uqam.ca. Échéance : Les manuscrits sont à soumettre avant le 30 avril 2020.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter : Marie-Andrée Roy (roy.marie-andree@uqam.ca), directrice du numéro Mélanges en l’honneur de Jacques Pierre, et Roxanne Marcotte (marcotte.roxanne@uqam.ca), directrice de Religiologiques, Département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal.

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Colloque Jacques Pierre | 31 janvier 2020

À l’occasion du départ à la retraite du professeur Jacques Pierre, le Département de Sciences des religions de l’UQAM organise un colloque hommage pour souligner la contribution du professeur Pierre au domaine des sciences des religions et son engagement pédagogique envers la relève. Il entend ainsi reconnaître une carrière universitaire animée par une recherche herméneutique soutenue dans les arcanes de l’émergence des langages à travers lesquels se vivent, se structurent et se disent les expériences-limites les plus fondatrices. Il souhaite souligner un cheminement intellectuel original, réalisé aux points de jonction de la sémiologie, de l’épistémologie, de la psychanalyse, des études littéraires et du cinéma.

Invitation spéciale est adressée aux diplômées et diplômés qui, au cours des années, ont réalisé leur mémoire de maîtrise ou leur thèse de doctorat sous la direction du professeur Pierre, ainsi qu’au collègues du Département, à proposer leurs textes pour les Mélanges en l’honneur de Jacques Pierre, notamment des contributions qui permettent de mettre en lumière :

  1. l’une ou l’autre des approches, des postures et des méthodes d’analyse pratiquées par le professeur Pierre;
  2. l’un ou l’autre de ses principaux objets d’étude et d’investigation;
  3. l’une ou l’autre des caractéristiques de ses modes d’accompagnement pédagogique et de leur fécondité.

On s’attend à ce que, par-delà les mentions proprement personnelles, les articles contribuent à la compréhension de l’apport du professeur Pierre aux sciences des religions

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Programme du Colloque Jacques Pierre

31 janvier 2020 –– Local : W–5215

Inscription OBLIGATOIRE (pour lunch et/ou cocktail) avant le 27 janvier.

S’inscrire auprès de Mme Noël : noel.marie-claude@uqam.ca

9h30 – 10h30

Allocutions

Présentation du colloque

  • Marie-Andrée ROY Professeure titulaire et directrice du département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

Ouverture du colloque

  • Josée S. LAFOND Doyenne de la Faculté des sciences humaines, Université du Québec à Montréal

Jacques Pierre devant l’énigme religiologique de « l’effet de sens »

  • Louis ROUSSEAU Professeure émérite du département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

Il s’agit d’ouvrir une porte sur l’œuvre d’un compagnon de travail universitaire tout au long d’une trentaine d’années. Je prendrai le sentier rarement fréquenté de sa contribution à une œuvre collective, à la fondation d’une certaine manière de poser la question du rapport originel des humains sur le monde de leur expérience de la vie. Cette institution d’un nouveau regard constituait, pour les fondateurs du département, la discipline religiologique espérant faire ainsi converger plusieurs disciplines de sciences humaines. Il est important de reconnaître, et d’ainsi rendre hommage au rôle central que Jacques Pierre a joué dans notre charpente disciplinaire en incessante découverte d’elle-même et dont nos étudiants gradués sont la manifestation la plus tangible. Jacques a en effet été embauché pour répondre à la nécessité de penser à nouveaux frais ce qui fait l’essentiel de notre objet commun : la religion. Produire une théorie du religieux, tel a été son mandat central au moment où notre département se voyait enfin octroyer la capacité de former des docteurs. Il ouvrira durant trente ans son atelier épistémologique en accueillant les premiers pas de tous les étudiants lors de leur première session du bac. Il l’approfondira sans cesse dans son tutorat de ses multiples candidats de maîtrise et de doctorat. Il nous donnait en parallèle des articles savants destinés à résoudre graduellement, pour lui-même d’abord, l’énigme de l’EFFET DE SENS.

Jacques Pierre et la quête du fondement

  • Pierre LUCIER Professeur invité au département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

Le sens d’un itinéraire intellectuel s’enracine généralement dans une question initiale, issue d’une expérience complexe qui tient à la fois du déchiffrement de l’énigme du Sphynx et de la lutte nocturne avec l’Ange, une question sans cesse reprise et reformulée, sans cesse enrichie de nouveaux apports et confrontée à de nouvelles apories. Depuis plus de quarante ans, Jacques Pierre poursuit résolument sa quête du fondement de l’expérience et de son interprétation.  Très tôt à l’étroit dans l’herméneutique théologique, Jacques Pierre a longuement pratiqué d’autres herméneutiques – la religiologie, la phénoménologie, la sémiotique, la psychanalyse, la cinématographie… –, pour établir progressivement que toutes, telles des « théologies silencieuses », génèrent leur propre socle fondationnel et qu’aucun savoir ne peut dès lors prétendre au statut de métalangage ou de référence normative. C’est qu’aucune expérience, aucune construction cognitive, aucun élan affectif ne peut advenir et se vivre en dehors du langage.  Même inégalement conscientes de leurs présupposés et de leur action de structuration, toutes les herméneutiques, théologiques ou « affranchies », obéissent à des règles discursives. On ne sort pas du langage pour fonder le langage. Dans cette communication, on se propose d’explorer, patiemment tissé et toujours en cours, le fil conducteur de cette quête du fondement chez Jacques Pierre. On s’emploiera avec lui à reconnaître que, en dernière analyse, un tel fondement est inaccessible ou même n’existe pas, du moins pas en dehors d’un « pari d’interprétation » et d’une « attestation », tous deux travaillés par une dynamique de « don » et d’« accueil » : le fondement serait essentiellement « thétique ». En cela, les théologies occidentales elles-mêmes ne sont pas en reste, qui évoquent un Dieu qui est Parole, un sens qui se révèle à la manière d’un appel, une adhésion de foi dont l’enjeu est l’identité d’un Verbe. Le savoir croise ainsi la poétique – « poiein » = faire, la poésie crée un monde. Jacques Pierre est aussi et profondément un poète.

10h30 – 12h00 –– SESSION – I

Approches, postures et méthodes d’analyse pratiquées par le professeur Jacques Pierre

Présidence : Roxanne D. Marcotte

Faire école 

  • Olivier MASSONDoctorant au département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

À l’été 1964, en vue de la création de l’École freudienne de Paris qu’il est sur le point de fonder, Jacques Lacan sollicite l’appui de l’un de ses plus anciens collaborateurs, celui qu’il appelle encore en 1970 « [s]on ami Henry Ey ». En août 1964, à l’invitation que lui adresse Lacan à faire partie de son école, le psychiatre français lui répond par un rappel à l’ordre : « Qu’as-tu à gagner à fonder une école sur des bases juridico-administratives fatalement précaires, alors que ton école existe dans sa plus éclatante réalité? Une école est constituée quand un maître enseigne librement à des élèves libres. Une école n’est pas une institution; elle ne se fonde pas sur son officialité, mais sur le prestige de son maître ». Dans ma communication, je propose de prendre appui sur cette définition de Ey. Mon intention n’est pas de dresser l’école contre l’institution dans une confrontation stérile. Seulement, en dégageant l’école de sa dimension institutionnelle à laquelle elle est trop souvent réduite, mon but est d’en interroger les fondements. Autrement dit, il s’agira de se demander, outre les règles juridico-administratives qui la régulent, ce qui fait une école. Voilà une question essentielle que la réduction de l’école à l’institution a pour effet d’éluder. Avant même que l’étudiant inscrit à une institution scolaire n’ait énoncé quelque question que ce soit sur ce qu’est une école, l’institution s’assure de répondre à sa place en se chargeant de lui attribuer son statut d’étudiant, de qualifier d’enseignement ce qui lui est transmis en classe et d’enseignant la personne qui le lui donne. Dans ma communication, je propose de définir l’école comme quelque chose qui se fait plutôt que comme une chose inerte tel un établissement d’enseignement régi par des règles administratives. Si l’école est un lieu, je soutiens qu’il est avant tout celui d’une rencontre entre au moins deux sujets qui occupent des positions distinctes, celles du maître et de l’élève. Prise au sens d’une expérience commune ayant lieu entre sujets, une école se présente d’abord comme ce qui mobilise deux positions de désir différentes à l’égard d’un même objet, soit un savoir, qui fait lien par l’acte de transmission auquel il engage. Dans ma communication, à partir de cette définition de l’école, je compte soutenir que l’école de Jacques Pierre, pour reprendre les mots de Ey, « existe dans sa plus éclatante réalité », et ce, indépendamment de toute institution. Ce sera l’occasion d’avancer l’idée que ce qui fait tenir cette école est le transfert, au sens psychanalytique, qui s’opère entre Jacques Pierre et ses élèves, et un enseignement singulier qui, loin de se réduire à un corps de doctrines, est avant tout une prise de position par rapport au savoir, c’est-à-dire un désir.

Pour une épistémologie de l’Infondé. Herméneutique ou déconstruction ?

  • M. Mabrouk RABAHI – Doctorant au département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

Lors de la dernière communication de Jacques Pierre au Colloque Penser le religieux (27-29 août 2019), j’ai été sensible à son entreprise intellectuelle d’affronter avec tiraillement et minutie l’un des problèmes épistémologiques les plus cruciaux qui taraudent les sciences humaines et sociales, à savoir les doublets constructivisme/naturalisme, monisme biologisant/holisme culturalisant et l’impossibilité d’en sortir. Faut-il choisir ? Sommes-nous du côté du réel ou de celui de l’Histoire (les sujets et les cultures) ? Ce sont les questions que j’ai envie de poser à Jacques Pierre en remontant à son livre sur Mircea Eliade en passant par ses articles. J’ai l’intention de faire un parallèle entre Jacques Pierres et Jacques Derrida dans leur affrontement avec le noyau effervescent, la pierre défectueuse de chaque édifice de pensée saisi dans son instabilité et son in-fondation perpétuelle. Le parallèle n’est pas innocent, il y a la psychanalyse comme référence commune dans cette tentative de remonter au degré zéro du sens au double sens du mot sens, direction et signification. Il est aussi frappant à quel point la dernière communication de J. Pierre fait écho à l’un des textes fondamentaux de Derrida (communication orale à Chicago en 1966) sur la question de l’anthropologie fondamentale. L’anthropologie a évolué depuis, Lévi-Strauss pour Derrida et Descola pour J. Pierre, mais les doublets restent les mêmes. De la théologie blanche chez Derrida à propos de Descartes ou de la théologie silencieuse chez J. Pierre à propos d’Eliade, de la blancheur ou du silence, la question de Dieu occupe une place centrale chez les deux au point de nous interroger sur la possibilité ou l’impossibilité de sortir du logos (terme utilisé par les deux auteurs, les deux Jacques). Le but de cette communication est de proposer quelques thèmes et termes de comparaison et de relancer la question de la pertinence de donner encore un sens au monde et aux choses.

Le problème du fondement : entre théorie et récit

  • Emmanuel ROBILLARD LAMONT,

La communication proposée est structurée en trois parties. Je résumerai d’abord ce que signifie le « fondement » dans la théorie de Jacques Pierre à partir des principaux articles dans lesquels ce thème est abordé (Pierre, 1994; 2000; 2003; 2014). Pour Jacques Pierre, la particularité du langage humain est d’être un langage symbolique qui acquiert une autonomie vis-à-vis du réel. Les représentations qui émergent de ce langage ne sont pas nécessairement liées au réel par la dénotation et peuvent représenter ce qui n’existe pas. Le langage humain est donc traversé par un excès de virtualités qui ouvre sur des mondes possibles, mais qui menace aussi ces mondes de s’effondrer dans un effacement des identités. Le fondement, pour Jacques Pierre, a pour fonction de gérer l’ouverture et la fermeture des virtualités du langage.  Je mettrai ensuite l’accent sur un élément particulier de la théorie du fondement chez Jacques Pierre. Le discours sur le fondement est aussi une réflexion épistémologique. Le fondement a cette particularité d’être impossible à construire comme objet, puisqu’il est la condition de possibilité de tout objet, ce qui signifie que produire un discours sur le fondement place d’emblée l’énonciateur ou l’énonciatrice au cœur du problème fondationnel. L’approche structuraliste, chez Jacques Pierre, est un dispositif de distanciation qui assure la construction d’un objet de connaissance, mais le fondement intervient dans la théorie là où la structure fuit – et il y a toujours une fuite dans la structure. Ce statut particulier du fondement a comme conséquence une certaine familiarité entre la théorie du fondement et les récits fondateurs. Autrement dit, la théorie du fondement n’est jamais neutre et a elle-même une fonction fondatrice. Finalement, je voudrais montrer l’importance de la théorie du fondement pour notre contemporanéité. Prendre en charge cette théorie nous place d’emblée dans une situation paradoxale, puisque ce savoir théorique (comme énoncé) est intimement lié à un savoir narratif (comme énonciation) et ne s’en distanciera jamais complètement. Assumer cette posture engagée est selon moi une condition pour faire face aux problèmes fondationnels d’aujourd’hui. Ceux-ci émergent notamment de la crise climatique en cours et de l’effondrement d’un ancien monde; ils nous demandent de revoir les grandes séparations fondatrices du monde moderne, notamment celle entre culture et nature (Latour, 2015). La théorie du fondement est actuelle, c’est-à-dire qu’elle émerge toujours d’une époque particulière et qu’elle répond activement aux problèmes fondationnels de son temps.

12h00 – 13h00 –– LUNCH

13h00 – 14h30 –– SESSION – II

Objets d’étude, de recherche et d’investigation du professeur Jacques Pierre

Présidence : Roxanne D. Marcotte

Le concept religiologique de la liminarité dans l’œuvre de Jacques Pierre

  • David BRODEUR – Doctorant au département d’histoire, Université de Montréal

Notre communication portera sur la théorisation de la religiologie par Jacques Pierre, plus spécifiquement sur son concept de « liminarité ». En effet nous considérons que ce concept a une valeur importante dans l’étude des expériences sociologiques et anthropologiques « en marge ». La liminarité est un concept que nous empruntons principalement à l’anthropologie. Étymologiquement, le terme signifie « limite », « dans la marge » L’approche anthropologique qui se concentre sur les rites et formulé par Van Gennep et Turner stipule que chaque rituel d’initiation possède un état pré-liminaire, un état liminaire et un état post-liminaire. Le liminaire c’est donc l’expérience symbolique de cette période de refonte sociale, spatiale et temporelle qui touche à la recatégorisation des valeurs. Pour parler de ce sujet, nous aborderons les grands points de la théorie du point de vue anthropologique et philosophique : Van Gennep, Turner, Maurice Bloch, Marc Augé (avec le « non-lieu ») et Karl Jaspers. Par la suite, nous ouvrirons la discussion sur Jacques Pierre et sa théorisation au travers des articles principaux dans lequel il fait usage du concept ou des sous-concepts, tels que le « fondement » : « Prolégomènes à une définition sémiotique de la religion », « Le croire et la bordure inquiète du savoir », « Du terme complexe à la croyance : le problème de la bordure et du fondement dans la sémiotique grémassienne », « Le religieux et le fondement du politique », « L’analyse du langage religieux », « Scansion et mesure », « Le jeu, le réel et le possible », « Religion et langage : la pérennité de la condition religieuse en modernité » et « Le langage et le don ».

La liminarité, ou la « morphologie des rives » – une théorie du religieux

  • Jonathan QUESNEL – Doctorant au département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

Cette proposition se penche sur l’apport théorique de Jacques Pierre en sciences des religions et s’inscrit principalement dans la partie B) de l’Appel à communications. En clair, il s’agit ici de présenter l’un des concepts majeurs à la pensée de Pierre, c’est-à-dire la liminarité, pour ensuite mettre en lumière ses multiples déclinaisons. La communication portera sur cinq points : 1) Un bref parcours épistémologique du concept; 2) Le problème de l’indicible qu’il présuppose; 3) Sa concomitance avec la question du fondement; 4) La limite, comme point d’intersection entre l’objet de recherche et la discipline; 5) La fécondité et l’originalité d’une telle approche théorique. Pour être plus précis, la liminarité sera à la fois présentée sous ses attributs définitionnels et fonctionnels. D’une part, nous verrons pourquoi le fait religieux (le fond) renvoie à de l’indicible, en quoi il est lui-même limite et comment celle-ci se déploie stratégiquement dans le langage (la forme) qui cherche à en rendre compte. D’autre part, nous verrons que c’est parce que le religieux est fondamentalement liminaire qu’il peut assurer le passage entre « ce qui se dit » et « ce qui se montre ». Partant, cette perspective suggère que le ou la théoricien.ne du religieux ne peut se tenir que sur la bordure de son objet. C’est donc à travers une perpétuelle tension dialectique entre le dire et le montrer, entre l’Autre et le Même, que les recherches de Pierre ont permis de repérer et de dépasser le paradoxe propre à notre discipline : cerner de l’indiscernable. Au final, c’est de l’immense contribution heuristique du penseur, du professeur et du mentor dont il sera réellement question dans cette communication, à savoir une théorisation du religieux innovante ainsi qu’une entreprise herméneutique qui déborde le cadre des religions instituées pour se déployer plus largement dans la culture et les arts.

De l’État-nation au marché. Une approche fondationnelle en sociologie des religions

  • François GAUTHIER – Professeur en sciences des religions, Université de Fribourg, Suisse

Depuis au moins deux décennies, la sociologie des religions patauge dans un marasme causé par l’effritement de son « grand récit » organisateur : la sécularisation. Que ce soit les théories du choix rationnel, de la dé-sécularisation, du post-sécularisme ou le consensus mou autour d’une interminable et indécise période de transition, aucune proposition n’est parvenue à rassembler ni à fournir un cadre d’analyse satisfaisant pour penser les mutations du monde contemporain. Si le modèle interprétatif de Jacques Pierre a le plus souvent été déployé sur des objets culturels, il permet, une fois jumelé aux apports de Mauss et du MAUSS, d’ouvrir une voie à la fois inédite et féconde pour saisir les transformations majeures du religieux au cours du dernier siècle et les remettre en perspective. Sous cet angle, la période allant de la fin du XIXe siècle à nos jours, du « Global South » jusqu’à nous, peut se comprendre comme la succession de deux époques ou « régimes » dans lesquels l’État-nation et le marché fournissent la grammaire.

14h30 – 15h00 –– PAUSE

15h00 – 16h30 –– SESSION – III

Objets d’étude, de recherche et d’investigation du professeur Jacques Pierre

Présidence : Roxanne D. Marcotte

Rituel de guérison chamanique dans Le livre de Caradoc : lait, vinaigre et vierge

  • Geneviève PIGEON, PhD – Chargée de cours au département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

Le livre de Caradoc est un roman anonyme du XIIe siècle, qui s’inscrit dans les Continuations Perceval, c’est-à-dire les romans du cycle arthurien mettant en scène des personnages de la cour du plus grand roi de tous les temps. Dans ce récit, un jeune homme, Caradoc, est affligé par une blessure qui lui enlève lentement la vie. En exil et couvert de honte, Caradoc est finalement retrouvé et sauvé par son meilleur ami, Cador, et par son amoureuse, Guinier. La cérémonie de guérison reprend des éléments généralement attribués aux mythes celtes, tout en faisant intervenir un certain nombre de variable qui s’articulent de façon étonnante. C’est cette scène qui nous intéressera, notamment en raison des relations entre les personnages, de leur « essence », ainsi que de l’environnement physique décrit par l’auteur. En invoquant notamment la pensée de Mircea Eliade et les réflexions de Gilbert Durand, nous observerons le langage symbolique ainsi mis en œuvre.

L’impossible déesse et la clôture du jeu : analyse sémiotique de la Vénus à la fourrure de Sacher-Masoch

  • Marc-Antoine FOURNELLE – Doctorant au département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

L’organisation syntagmatique de la signification, champ de recherche initié par Vladimir Propp dans Morphologie du conte (1928), a été largement reprise et développée en France dans les années soixante par une myriade d’auteurs à la stature intellectuelle aussi établie qu’incontestée, incluant Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss, qui se sont particulièrement intéressés au matériau mythologique. Ce fait seul aurait amplement légitimé l’intérêt porté par les sciences des religions à l’entreprise sémiotique. Or, on peut constater que les objets de la recherche dans le domaine n’ont pas été réduits aux seuls textes intuitivement choisis en fonction du caractère religieux et mythologique qu’ils manifestent « en surface ».  C’est à Jacques Pierre qu’il revient d’avoir montré que l’analyse sémiotique du texte est susceptible de produire des résultats allant bien au-delà du simple « point de vue ajouté », en faisant apparaître dans des textes qui ne dénotent rien de religieux, des structures qui, elles, sont fondamentalement religieuses. Se faisant, ce qui n’aurait été qu’un simple apport aux études littéraires s’est révélé comme contribution importante et originale à l’étude théorique de la religion, particulièrement en regard du projet religiologique.  C’est dans cette voie tracée par Pierre, et en tirant parti des procédures d’analyse et de la méthodologie d’A. J. Greimas et du groupe d’Entrevernes, que nous proposons une analyse du roman La Vénus à la fourrure de Léopold von Sacher-Masoch, récit d’un héros problématique désirant vivre hors du lien social, sous la domination d’une déesse toute puissante incarnée par une voisine dont il est amoureux. Ici, la transgression sert la mise en place d’un univers d’interdits (séparé, ludique, marginal) où les interdits n’ont d’autres finalités qu’eux-mêmes, en tant qu’ils caractérisent un univers d’interdits. Cherchant à consacrer la domination de la « déesse » par contrat, alors que le contrat est étranger, par principe, à l’arbitraire de la domination, le héros est pris dans un paradoxe : la « déesse » toute puissante ne peut être telle qu’à la condition de n’être pas contrainte par la clôture du jeu. Nous nous intéresserons principalement à cette clôture qui départage les espaces isotopiques que font émerger les différents rapports d’opposition et de contrariété qui ponctuent et donnent sens au récit (rapports entre sujet et objet, ludique et utilitaire, souveraineté et soumission, etc.).

Rites, ritualisations et créativité

  • Denis JEFFREY – Professeur titulaire au département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage, Université Laval

Les rites sont continuellement en transformation. Le contraire serait étonnant puisqu’ils accompagnent les activités humaines les plus variées qui sont elles-mêmes en continuelle transformation. L’insistance sur cet aspect des rites est pertinente puisqu’on les a très souvent associés à des comportements figés et répétitifs qui ne souffraient d’aucune altération. À l’évidence, les rites magiques, ceux des sociopathes et ceux des religieux orthodoxes ne doivent pas déroger au canevas prescrit. Sinon on craindrait qu’ils ne soient pas efficaces. Ces exceptions ne créent pas la norme. Il faut plutôt comprendre que les rites sont des modèles de comportement réglé pour produire des effets symboliques dont la ritualisation varie selon les individus, les situations et les circonstances. En fait, si le rite est un modèle de comportement, une ritualisation est l’une de ses performances ou mises en scène concrètes. Un rite peut être pratiqué dans son intégralité et de manière très formelle. Mais il peut aussi être réduit, abrégé et personnalisé. Ainsi, un rite indique certes une conduite à suivre dans un cadre précis, mais chacun et chaque groupe peut l’interpréter et le performer à sa guise, selon son style et sa personnalité. Par conséquent, ses déclinaisons individuelles et sociales, c’est-à-dire ses ritualisations, peuvent être innombrables. L’écart entre le rite et ses ritualisations témoigne du niveau de liberté, d’émancipation, de création et de réflexivité des individus d’une époque. Nous allons confirmer que les rites ne sont pas des guillotines de la subjectivité avant de montrer que l’acteur social, depuis la Seconde modernité, jouit d’une marge de manœuvre extraordinaire pour performer un rite.

16h30 – 17h30    

Communication de Jacques Pierre

Jalons et points de vue

  • Jacques PIERRE Professeur titulaire au département de sciences des religions, Université du Québec à Montréal

Il y a des images qui surviennent précocement dans la vie de l’individu et où il se projette, où il lui semble en effet reconnaître quelque chose de son expérience primitive du monde. Si tant est qu’il soit aussi artiste, philosophe ou scientifique, le même individu y rencontrera fatalement l’urgence d’un travail d’élucidation auquel il reviendra sans cesse dans sa vie pour essayer de s’acquitter, dans une forme communicable à soi-même et à autrui, d’un impossible à dire qui le mobilise et le traverse. Ces retours périodiques à l’image fondatrice ont été dans mon propre travail d’élaboration théorique autant de jalons repérables allant d’une intuition vécue du sacré au cours de mes études de théologie à l’étude de la morphologie du religieux dans l’œuvre de Mircea Eliade, passant par la sémiotique et la linguistique et aboutissant en sciences des religions à la conceptualisation de ce que j’ai appelé la limite, l’évènement et l’horizon. Et ces jalons ont constitué à leur tour autant de points de vue synoptiques sur des domaines aussi divers que la religion, la psychanalyse, l’esthétique la politique, l’économique dans leur rapport constitutif à l’infondé de la culture. Dans cette présentation, j’essaierai de revenir sur ces jalons et de montrer en quoi les sciences des religions, selon le vœu de Durkheim, constituent une théorie du savoir et une épistémologie de l’ensemble des sciences humaines.

17h30 – 19h00 –– COCKTAIL

La tenue de ce Colloque Jacques Pierre a été rendue possible grâce au soutien financier de la Faculté des sciences humaines et du Département de sciences des religions

Lancement : “Pour une éthique ouverte à l’inattendu. Libérer la face lumineuse de l’incertitude Avec Guy Bourgeault”

Bienvenue à toutes et à tous ! LANCEMENT de l’ouvrage:

Pour une éthique ouverte à l’inattendu. Libérer la face lumineuse de l’incertitude avec Guy Bourgeault,
sous la direction de Nancy Bouchard, préface de Guy Rocher (Presses de l’Université Laval)

Jeudi le 12 décembre 2019 à l’UQAM, de 17h30 à 19h, salle DS-1950

1er étage du Pavillon J.-A.-DeSève, 320 Ste-Catherine Est, Montréal. Métro Berri-UQAM.

La présentation de l’ouvrage se fera sous la forme d’un échange et un cocktail sera servi sur place.

RSVP en cliquant sur Eventbrite ou en écrivant à gree@uqam.ca.

Merci bien de diffuser l’information dans vos réseaux respectifs (voir ici lien facebook) et d’afficher l’événement.
Au plaisir de vous rencontrer à cette occasion!

Département de sciences des religions

Né avec la création de l’UQAM comme université publique, démocratique et laïque, le Département de sciences des religions, qui n’a aucune attache confessionnelle, offre à tous les cycles des formations ouvertes, polyvalentes et critiques : trois programmes au 1er cycle, trois au 2e cycle; et un doctorat conjoint. Ses enseignements et ses recherches multidisciplinaires mettent l’accent sur 2 grandes déclinaisons du phénomène religieux : 1) Les traditions religieuses, leur histoire et leur présence dans le Québec contemporain; et 2) Les dimensions religieuses et éthiques de la culture, des productions culturelles, des institutions sociales et de la subjectivité individuelle.

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